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Aristocratie et bureaucratie dans la France du XVIe siècle : Etat, office et patrimoine

Powis, Jonathan
 

Jonathan Powis, "Aristocratie et bureaucratie dans la France du XVIe siècle : Etat, office et patrimoine", dans Philippe Contamine (éd.), L’Etat et les aristocraties (France, Angleterre, Ecosse) XIIe-XVIIe siècle, Paris, Presses de l’ENS, 1989, pp. 231-246.

Extrait de l’article

Le récit retracé au début du XXe siècle par Lucien Febvre de la carrière de Nicolas Perrenot présentait une image frappante de la réussite d’un officier au XVIe siècle : un serviteur de l’Etat originaire des classes moyennes, qui, à tous les stades de sa carrière, s’opposa aux traditions et aux valeurs de l’ancienne noblesse. Plus récemment, Salvo Mastellone a évoqué en des termes semblables les activités des officiers et leur a assigné un rôle décisif dans la construction du nouvel Etat, "administratif" et bureaucratique, et dans l’émergence de l’idéologie politique "bourgeoise".

Cependant d’autres travaux récents ont suggéré des orientations différentes. Durant ces dernières années, des chercheurs ont noté l’extension des liens de patronage entre les détenteurs d’offices et les grandes familles aristocratiques de la France du XVIe siècle, de même que l’extension également considérable de la pratique des intermariages entre les officiers ou leurs parents et des hommes ou des femmes d’origine incontestablement noble, et encore le fait qu’une minorité significative d’officiers de haut rang étaient eux-mêmes issus de ce milieu. (Car tout n’était pas faux dans la recherche des ancêtres proposée par les généalogistes du XVIe siècle).

Dès lors, à l’évidence, se pose un problème d’interprétation. D’un côté une classe de serviteurs de la monarchie suscitait une fonction bureaucratique selon le modèle de Max Weber ; de l’autre cette même classe s’intégrait à un environnement aristocratique très différent et beaucoup plus ancien. Les remarques qui vont suivre ne prétendent pas résoudre ce problème mais proposer quelques réflexions à ce sujet, à partir de la nature même de l’office.

Lire la suite (document pdf mis en ligne par les Presses de l’ENS, page 227)