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Un groupe socio-politique stratégique dans la France de la première moitié du XVIIe siècle : la noblesse seconde

Constant, Jean-Marie
 

Jean-Marie Constant, "Un groupe socio-politique stratégique dans la France de la première moitié du XVIIe siècle : la noblesse seconde", dans Philippe Contamine (éd.), L’Etat et les aristocraties (France, Angleterre, Ecosse) XIIe-XVIIe siècle, Paris, Presses de l’ENS, 1989, pp. 279-304.

Extrait de l’article

La réussite d’un "parti nobiliaire" tient bien sûr au rang et à la personnalité du prince qui le dirige. Néanmoins des mouvements comme la Guerre folle, la Ligue, la grande cabale de Gaston d’Orléans ou les diverses frondes ont des caractères tout à fait spécifiques qui font leur originalité, mais un dénominateur commun les unit : ils ne vivent et ne meurent que grâce à leur capacité à mobiliser la noblesse. Certes la valeur de la cause défendue, le choc émotionnel provoqué par certains événements ou certaines décisions gouvernementales contribuent à décider les gentilshommes à "monter à cheval" et à s’engager pour ce qu’ils considèrent comme une bonne cause. Cependant, s’en tenir à cette évidence condamnerait les chercheurs à passer à côté de l’essentiel, c’est-à-dire des formes de sensibilité et de sociabilité particulières à la noblesse. (...)

Tous les souverains ont puisé dans le vivier que représente la noblesse seconde pour constituer leur entourage. Henri Lemonnier dans le Lavisse avait déjà remarqué que l’arrivée au pouvoir de François Ier avait fait surgir des hommes nouveaux et que la victoire de Marignan était le symbole de ce renouvellement. Il citait Bourbon, Alençon, Nevers qui étaient de très grands seigneurs mais aussi des gens de la noblesse moyenne comme par exemple l’ancien gouverneur du monarque, Boissy, son fils, Bonnivet, Brion, Galiot de Genouillac, Montmorency.

D’ailleurs au XVIe siècle à chaque succession royale correspond un changement des hommes qui composent la cellule de décision qui entoure le souverain. A partir de ce moment, les amis du Prince, comblés de faveurs et de richesses, font partie de la grande noblesse qui se régénère de cette façon...

Lire la suite (document pdf mis en ligne par les Presses de l’ENS, page 275)