Cour-de-France.fr
Politiques de princes : les Condé (1630-1652)
Jouhaud, Christian
Christian Jouhaud, "Politiques de princes : les Condé (1630-1652)", dans Philippe Contamine (éd.), L’Etat et les aristocraties (France, Angleterre, Ecosse) XIIe-XVIIe siècle, Paris, Presses de l’ENS, 1989, pp. 335-356.
Extrait de l’article
Qu’est-ce qu’un prince du sang ? Pour répondre à cette question, Roland Mousnier, dans ses Institutions de la France sous la Monarchie absolue , cite Saint-Simon : "un homme qui, par la plus authentique et la plus pure de toutes les généalogies, descend de mâle en mâle et par légitime mariage d’un roi de France et qui, par cela seul, est né habile à succéder à la Couronne, s’il devient aîné, de cette auguste race".
Dans cette définition, il n’est question que de ce qui fait prince du sang : la naissance (et donc la capacité à accéder par succession légitime à la couronne de France). Les dictionnaires et manuels, au premier rang celui de R. Mousnier, s’attachent ensuite à définir les prérogatives des princes du sang, les titres auxquels ils ont droit par exemple. Jamais n’apparaît leur fonction spécifique dans le système de l’Etat, comme s’il était indispensable de laisser face à face le roi et sa souveraineté d’une part, ce qu’on peut nommer la fonction publique (les "serviteurs de l’Etat") de l’autre. Dans cette perspective, l’analyse du pouvoir des princes ne se préoccupe que de leur position au sein de la famille royale et de leur qualité de membres de la plus haute noblesse.
Dans les quelques pages qui suivent, premiers jalons pour une étude plus complète, j’adopte un point de vue totalement différent. Partant de situations précises, d’actions, de postures prises dans l’accomplissement de ces actions, je voudrais évoquer à gros traits la question de la position des princes au cœur de l’Etat absolutiste, puis tenter de cerner la politique des Condé au temps de la toute puissance du cardinal de Richelieu, enfin d’analyser très succinctement quelques positions et quelques actions du Grand Condé pendant la Fronde.
Lire la suite (document pdf mis en ligne par les Presses de l’ENS, page 331)