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La haute noblesse parlementaire parisienne : la production d’une aristocratie d’Etat aux XVIe et XVIIe siècles
Descimon, Robert
Robert Descimon, "La haute noblesse parlementaire parisienne : la production d’une aristocratie d’Etat aux XVIe et XVIIe siècles", dans Philippe Contamine (éd.), L’Etat et les aristocraties (France, Angleterre, Ecosse) XIIe-XVIIe siècle, Paris, Presses de l’ENS, 1989, pp. 335-357.
Extrait de l’article
La société française, avant le XVIIIe siècle tout au moins, n’a jamais entretenu un consensus véritable à propos des notions de noblesse, de gentilhommerie, de noblesse de race, de noblesse de robe, d’anoblissement, etc. Les savants d’aujourd’hui, comme ceux d’hier, reculent souvent devant les conséquences de ce constat pourtant bien établi depuis les travaux les plus récents.
Le concept de noblesse ne s’est pas moins renouvelé que le second ordre depuis la fin du XVe siècle jusqu’à la fin du XVIIIe siècle... Au sein de cette diversité théorique souvent belliqueuse, les arbitrages revenaient à l’Etat, au droit que disaient jurisconsultes et tribunaux, et de moins en moins à la coutume, porteuse soit de l’idéologie dominante, soit de compromis sociaux provisoires. Néanmoins la monarchie absolue ne voyait pas d’inconvénient à ce que la strate soi-disant la plus ancienne à l’intérieur de la gentilhommerie proclame que la seule authentique noblesse était immémoriale et se définissait uniquement par la pureté du sang : il semble même que cette prétention à l’eugenie était acceptée par les autres groupes sociaux - bref qu’elle constituait précisément l’idéologie dominante de l’Ancien Régime.
Cette conception nobiliaire de la noblesse ne prenait en considération que les mâles et comptait par degrés plutôt que par quartiers et lignes, malgré quelques puristes comme, sous Henri III, René de Sanzay . Rappellera-t-on le mot de Paul Valéry : "noblesse est liqueur séminale" ? Or la définition patrilinéaire de la gentilhommerie entrait en contradiction avec les pratiques de la société globale où s’affirmait le caractère indifférencié de la parenté. Ce n’était pas un hasard si le féminisme du XVIIe siècle portait des vues sociales novatrices, alors que l’antiféminisme, par esprit de tradition, se montrait hostile à toute forme de mobilité sociale .
Lire la suite (document pdf mis en ligne par les Presses de l’ENS, page 353)