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La résonance des lois somptuaires dans les Essais de Montaigne. Réflexions sur les paradoxes du luxe

Dionne, Valérie
 

Valérie Dionne, "La résonance des lois somptuaires dans les Essais de Montaigne. Réflexions sur les paradoxes du luxe", dans Cahier du Groupe de recherches sur les entrées solennelles, 2003, en ligne : http://gres.concordia.ca/publications2/table_matieres.shtml

Extrait de l’article

À la Renaissance, l’équilibre politique est sans cesse menacé par les ligues et les guerres de Religion. La prospérité de la première moitié du XVIe siècle est liée à une économie marchande, qui accorde davantage de pouvoir à l’argent qu’aux titres de noblesse. Ainsi, parallèlement à la bourgeoisie montante de plus en plus puissante, les nobles perdent peu à peu l’exclusivité du pouvoir de l’argent, donc du luxe. À la suite de cette transformation des valeurs d’échange, le roi doit légiférer. Les lois somptuaires tentent de rétablir la visibilité des castes sociales : la distinction passera par les étoffes, l’or ou l’argent, les pierres précieuses et les couleurs, bref par les vêtements.

Il faut rappeler qu’entre les règnes de François Ier et d’Henri IV (1543-1606), on enregistre onze édits somptuaires. Ces premières ordonnances sont relatives à une période économiquement fructueuse. En revanche, l’essai « Des lois somptuaires » (I, 43) de Montaigne, écrit entre 1572 et 1580, correspond à une période troublée de l’histoire, celle des guerres de Religion. Dans cette étude, nous analyserons le point de vue de Montaigne sur les lois somptuaires et nous contextualiserons la position de l’auteur sur la monarchie, qui devient symbole d’un ordre imposé par le paraître.

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