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Un cochon et des lys. À propos d’un livre récent

Jean-Bernard de Vaivre

Vaivre, Jean-Bernard de, « Un cochon et des lys. À propos d’un livre récent », Le Moyen Age, vol. cxxii, no. 2, 2016, p. 385-401.

Extrait de l’article

Dans un livre récent, sur près de 230 pages, M. Pastoureau s’étend sur les circonstances, puis les conséquences de la mort du jeune prince Philippe, fils de Louis VI, proposant de voir en cet épisode la probable origine du choix des armes de la maison de France : le semé de fleurs de lys d’or sur champ d’azur. Certes, la naissance du système héraldique occidental, mieux cernée depuis quelques décennies, reste encore par certains côtés assez nébuleuse et l’apparition relativement tardive des insignes de la dynastie capétienne n’est pas non plus établie avec toute la précision que nos esprits contemporains voudraient en attendre. En dépit cependant du point d’interrogation dont M. Pastoureau a doté la seconde phrase du long titre de son livre, il est manifeste que tout son propos va dans le sens d’une réponse positive : la mort infâme d’un roi de France expliquerait le choix des armes d’azur semé de fleurs de lys d’or.

Dès le début de son exposé, M. Pastoureau prend d’ailleurs parti. Racontant la mort de cet adolescent, associé au trône comme l’usage s’en maintenait encore en ces temps où les descendants d’Hugues Capet prenaient toujours des précautions pour assurer l’hérédité à la couronne, il la qualifie de « mort infâme ». Et l’expression, qui figure dans le titre du livre, ne cesse d’être reprise au cours de tous les chapitres. Le dictionnaire de l’Académie renvoie pour ce qualificatif « infâme » à : « diffamé, décrié, déshonoré, perdu de réputation, flétri par les lois » et donne pour exemple « un lieu infâme : une maison où des filles de débauche se prostituent ». Le mot est donc particulièrement fort.

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